Profil d'espèce

Truite fardée versant de l'ouest Populations du Pacifique

Nom scientifique : Oncorhynchus clarkii lewisi
Autres noms/noms précédents : Truite fardée versant de l'ouest (Population de la Colombie-Britannique)
Taxonomie : Poissons
Répartition du COSEPAC : Colombie-Britannique
Date de l’évaluation et le changement de statut: novembre 2016
Statut du COSEPAC : Préoccupante
Critères d'évaluation du COSEPAC:
Justification de la désignation du COSEPAC: Cette espèce vit dans des lacs et cours d’eau froide dans le sud-est de la Colombie-Britannique. Bien que certaines sous-populations semblent stables, d’autres connaissent une importante hybridation avec la truite arc-en-ciel; la plupart sont vulnérables à l’augmentation de la température de l’eau associée aux changements climatiques, et nombreuses sont exposées à une pêche récréative substantielle. La récente découverte du « tournis des truites » près de l’aire de répartition de ces populations est une source additionnelle de préoccupation.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « préoccupante » en mai 2005. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2006 et en novembre 2016.
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2010-02-23

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Description

La truite fardée (Oncorhynchus clarkii, anciennement Salmo clarkii) est un salmonidé polytypique indigène de l’ouest de l’Amérique du Nord. Il existe deux sous espèces sauvages au Canada : la truite fardée côtière (O. c. clarkii) et la truite fardée versant de l’ouest (O. c. lewisi). Les truites fardées sont très diversifiées en termes de phénotype et de cycle vital. La caractéristique qui distingue le mieux la truite fardée des autres espèces apparentées est la présence de lignes d’un rouge orangé éclatant sous la mâchoire inférieure. Deux unités désignables (UD) de la truite fardée versant de l’ouest sont reconnues en fonction de preuves génétiques du caractère distinct par rapport aux autres taxons, de l’éloignement géographique et de l’adaptation écologique : l’UD de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson, en Alberta, et l’UD du Pacifique, en Colombie Britannique. La truite fardée versant de l’ouest est une composante unique et importante de l’ichtyofaune dulcicole du Canada, et souvent la seule truite indigène dans la majeure partie de son aire de répartition. L’espèce joue donc un rôle important dans la structure de nombreux écosystèmes aquatiques tempérés du nord. En raison de ses besoins particuliers en matière d’habitat, la truite fardée versant de l’ouest est perçue comme une espèce indicatrice de la santé générale des écosystèmes. Il s’agit d’une sous espèce dulcicole populaire pour la pêche récréative dans l’Ouest canadien. [Mise à jour 22/01/2018]

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Répartition et population

L’aire de répartition de la truite fardée versant de l’ouest chevauche la ligne continentale de partage des eaux. Aux États-Unis, elle comprend des bassins versants au Montana, en Idaho, dans l’État de Washington, en Oregon et au Wyoming. Au Canada, la sous espèce ne se trouve que dans le sud ouest de l’Alberta (principalement dans le bassin de la rivière Saskatchewan Sud) et dans le sud est de la Colombie Britannique (principalement dans les bassins de la rivière Kootenay et du haut Columbia). Son aire de répartition, dont le cœur est le bassin du cours supérieur de la rivière Kootenay, dans le sud-est de la Colombie Britannique, s’est gravement fragmentée (dans les eaux d’amont isolées et en haute altitude). Plusieurs études quantitatives sur les tendances des populations de truites fardées versant de l’ouest du Canada ont récemment été effectuées. En Alberta, la taille des sous populations est généralement petite et le nombre d’adultes reproducteurs est habituellement de l’ordre de centaines d’individus ou moins par cours d’eau. En Colombie Britannique, les sous populations sont plus robustes et comptent en moyenne environ 30 adultes par kilomètre de cours d’eau. La truite fardée versant de l’ouest se trouve également dans de nombreux lacs de la Colombie Britannique et dans deux lacs du parc national Banff. Même si la plupart des sous populations en Colombie Britannique semblent relativement stables, les sous populations en Alberta connaissent un déclin par rapport aux niveaux historiques, et des disparitions se sont produites dans de grandes parties de bassins versants. La dégradation de l’habitat rend les sous populations vulnérables au remplacement par des espèces introduites (truite arc-en-ciel [Oncorhynchus mykiss] et autres sous espèces de truites fardées) et à l’hybridation avec celles-ci. Ainsi, les sous populations dans les milieux dégradés sont plus susceptibles de connaître un déclin. [Mise à jour 22/01/2018]

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Habitat

La truite fardée versant de l’ouest a des besoins particuliers en matière d’habitat pendant les diverses étapes de son cycle vital qui sont nécessaires au maintien de ses populations. Elle a notamment besoin d’eau pure et froide et de divers types d’abris (berges sous-cavées, habitats de fosse et de radier et végétation riveraine). En Alberta, elle est aujourd'hui largement confinée aux tronçons d’amont du bras principal de grands cours d'eau et aux eaux d’extrême amont de nombreux affluents. Elle se trouve dans les grandes rivières et les grands lacs de la Colombie Britannique ainsi que dans bon nombre de petits ruisseaux de montagne à plus haute altitude. Elle occupe souvent des cours d’eau plus froids et moins productifs que ceux qui sont privilégiés par d’autres espèces étroitement apparentées. [Mise à jour 22/01/2018]

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Biologie

La truite fardée versant de l’ouest présente une grande diversité phénotypique pour ce qui est de sa taille, de sa coloration et de son cycle vital. Différents types de cycles vitaux sont présents dans bon nombre de parties de l’aire de répartition de la sous espèce. Des sous populations résidentes et migratrices sont communes dans toute l’aire de répartition canadienne, et la taille des individus varie considérablement, allant d’environ 20 cm à plus de 40 cm, respectivement. Les adultes présentent des tendances générales de montaison vers les frayères pendant les débits de pointe printaniers, et la fraye se déroule pendant la période où ceux-ci diminuent, soit de mai à juillet généralement. La fraye se produit à la fois dans le bras principal d’un cours d’eau et ses affluents. L’âge et la taille des individus ayant atteint la maturité sexuelle varient également entre les sous populations et les types de cycles vitaux; certaines sous populations d’amont atteignent la maturité à l’âge de 2 ans, mais plus généralement vers l’âge de 4 ans, dans l’ensemble de l’aire de répartition. La température de l’eau mesurée aux frayères varie de 6 à 15 °C. La truite fardée est itéropare et certains individus peuvent se reproduire chaque année ou tous les deux ans, mais la mortalité post-accouplement peut être élevée, en particulier chez les mâles. La longévité varie considérablement, et des individus avaient atteint l’âge de 16 ans d’après les vérifications.[Mise à jour 22/01/2018]

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Menaces

Les plus grandes menaces qui pèsent sur les deux UD de la truite fardée versant de l’ouest sont la manipulation anthropique, particulièrement l’hybridation avec la truite arc en-ciel non indigène, et la dégradation de l’environnement au sein de l’aire de répartition indigène. La foresterie, les installations hydroélectriques, l’exploitation minière, l’urbanisation et l’exploitation agricole contribuent toutes à la destruction et à la dégradation des cours d’eau dans l’aire de répartition des truites fardées, aussi bien en Alberta qu’en Colombie-Britannique. L’hybridation introgressive est répandue (surtout en Alberta), et l’ensemencement continu avec des espèces non indigènes risque de compromettre l’intégrité génétique des sous populations restantes. Le nombre de sous populations génétiquement pures et leur répartition n’ont cessé de s’amenuiser en Alberta, mais également en Colombie Britannique, en réaction aux effets cumulatifs de la perte et de la détérioration de l’habitat, de l’exploitation et des interactions nuisibles avec des espèces introduites (p. ex. compétition, prédation, hybridation).[Mise à jour 22/01/2018]

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Progrès et activités de rétablissement

En raison du déclin des populations de truite fardée versant de l'ouest ces dernières décennies, on a progressivement durci la réglementation encadrant la pêche de cette espèce à des fins récréatives. L'East Kootenay Angling Management Plan (plan de gestion de la pêche à la ligne dans la région d'East Kootenay) élaboré par le ministre de l'Environnement de la Colombie-Britannique, résume les mesures réglementaires mises en œuvre pour résoudre les questions relatives à la pratique de la pêche à la ligne dans certains cours d'eau. En 2005-2006, sept cours d'eau de la région d'East Kootenay ont été désignés comme des eaux classifiées. Un programme de gardiens de rivière, qui inclut notamment la collecte de données sur les pêches, la surveillance de la conformité et l'éducation des pêcheurs à la ligne dans le cadre de la stratégie pour des eaux de qualité de la province, a également permis de recueillir des renseignements précieux pour gérer cette espèce. En coopération avec la province de la Colombie-Britannique, Pêches et Océans Canada élabore actuellement un plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (population de la Colombie-Britannique).

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) (population de la Colombie - Britannique et population de l'Alberta) au Canada (2017-10-24)

    La truite fardée (Oncorhynchus clarkii, anciennement Salmo clarkii) est un salmonidé polytypique indigène de l’ouest de l’Amérique du Nord. Il existe deux sous-espèces sauvages au Canada : la truite fardée côtière (O. c. clarkii) et la truite fardée versant de l’ouest (O. c. lewisi). Les truites fardées sont très diversifiées en termes de phénotype et de cycle vital. La caractéristique qui distingue le mieux la truite fardée des autres espèces apparentées est la présence de lignes d’un rouge orangé éclatant sous la mâchoire inférieure. La génétique et la discontinuité de l’aire de répartition ont justifié la reconnaisance de deux unités désignables, soit la population de l’Alberta et la population de la Colombie-Britannique.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Truite fardée versant de l'ouest, Population de la Colombie-Britannique (2007-12-04)

    Les populations subissent les impacts de l’hybridation et de la compétition avec des espèces introduites. De plus, l’expansion urbaine, les activités agricoles et les industries primaires devraient mener à des impacts supplémentaires associés à la perte et à la dégradation de l’habitat ainsi qu’à une plus grande exploitation. La présente évaluation comprend seulement les populations indigènes intactes sur le plan génétique de l’espèce, qui se trouvent dans leurs aires de répartition historiques. Toute population connue comme étant hybridée de façon importante (c.-à-d. > 1 p. 100) avec d’autres espèces de truites ou ayant été introduite dans un système ne comportant aucune population indigène n’a pas été évaluée.
  • Énoncé de réaction - Truite fardée versant de l'ouest, Populations du Pacifique (2018-01-18)

    Cette espèce vit dans des lacs et cours d’eau froide dans le sud-est de la Colombie-Britannique. Bien que certaines sous-populations semblent stables, d’autres connaissent une importante hybridation avec la truite arc-en-ciel; la plupart sont vulnérables à l’augmentation de la température de l’eau associée aux changements climatiques, et nombreuses sont exposées à une pêche récréative substantielle. La récente découverte du « tournis des truites » près de l’aire de répartition de ces populations est une source additionnelle de préoccupation.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de la truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus Clarkii Lewisi), population de la Colombie-­Britannique, au Canada (2017-03-20)

    La truite fardée versant de l'ouest (Oncorhynchus clarkii lewisi) a été désignée « préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en raison des préoccupations suscitées par les espèces introduites (hybridation et compétition), la perte et la dégradation de l'habitat et une exploitation croissante. Elle figure sur la liste des espèces préoccupantes au Canada, à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En Colombie-Britannique (C.-B.), la truite fardée versant de l'ouest est classée S3 (vulnérable) par le centre de données sur la conservation; elle figure sur la liste bleue de la province. Le cadre pour la conservation de la C.-B. établit que l'espèce est de priorité 2 en vertu des buts 1 et 2 (contribuer aux efforts mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes; empêcher que les espèces et les écosystèmes ne deviennent en péril).

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005-08-12)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007-08-30)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC 2016 à 2017 (2017-10-24)

    Au cours de la dernière année, le COSEPAC a réexaminé la situation de 40 espèces sauvages; de ce nombre, la majorité (78 %) a été réévaluée au même niveau de risque, sinon à un risque plus faible. Des 73 espèces évaluées, 11 ont été désignées « non en péril » (8 réévaluations et 3 nouvelles évaluations). À ce jour, et compte tenu de la présentation de ce rapport, les évaluations du COSEPAC comprennent maintenant 735 espèces sauvages dans diverses catégories de risque, soit 321 espèces en voie de disparition, 172 espèces menacées, 219 espèces préoccupantes et 23 espèces disparues du pays (c.-à-d. que l’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, 16 espèces sont considérées comme disparues, les données ont été jugées insuffisantes dans le cas de 58 espèces sauvages, et 186 espèces ont été désignées comme étant « non en péril ».

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan de publication de documents relatifs au rétablissement - Pêches et Océans Canada - Exercice financier 2016-2017 (2018-09-28)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), les ministres compétents doivent préparer un programme de rétablissement dans un délai d'un an dans le cas de l'inscription d'une espèce à l'annexe 1 de la LEP à titre d'espèce en voie de disparition et dans un délai de deux ans dans le cas de l'inscription d'une espèce à titre d'espèce disparue du pays ou menacée. Un plan de gestion doit être préparé dans un délai de trois ans pour une espèce inscrite à titre d'espèce préoccupante. Pêches et Océans Canada (MPO) est responsable de 111 des 518 espèces inscrites sur la liste de la Loi sur les espèces en péril. En février 2016, les programmes de rétablissement, les plans de gestion et les plans d'action de 57 de ces espèces n'avaient pas encore été publiés dans le Registre public des espèces en péril. En outre, les plan de gestion ou d'action de 23 autres espèces aquatiques arriveront prochainement à échéance. La tableau ci-dessous donne un aperçu du plan ministériel de publication dans le Registre public des espèces en péril des documents proposés pour 64 espèces. Le plan du Ministère est de publier des programmes de rétablissement pour 9 espèces, des plans de gestion pour 13 espèces et des plans d'action pour 42 espèces au cours de l'année à venir. Publication originale du Plan de publication de documents relatifs au rétablissement : 2016-05-02
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